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Mon enfant parfait

Mon enfant parfait

Méditer avec un mouflet

Jeannine, je suis devenue sage. Qui l’eut cru? La méditation est entrée à pas feutrés dans notre quotidien, et celui de notre aîné. Et c’est merveilleux ! Elle s’est invitée, avec discrétion, et en quelques mois, elle est devenue notre alliée! Que dis-je notre alliée ? Notre maître à penser, notre guide spirituel. Un guide bien pratique en cas de petites contrariétés ou d’énervement inopportun. Un tracas? Hop! On médite! Et tout de suite la vie s’adoucit, même avec les plus petits.

Je plaisante évidemment. Tu n’y as pas cru, si?! La réalité c’est que je n’ai pas changé. Je ne suis toujours que le brouillon de moi-même. Cette année encore, j’essaie d’améliorer ma vie mais j’échoue.

Pourtant j’ai pris plein d’engagements envers moi-même, au premier rang desquels : tendre vers l’éducation bienveillante. La positivité parentale. L’absolue magnanimité envers le petit être de bientôt six ans. J’ai écrit « tendre vers », tu auras noté. Ca veut dire, je suis sur le chemin. Le regard pointé vers le ciel, les bras ouverts tendus vers l’avenir. Pleine d’espoir.

L’enfant a grandi: il est en CP. Il apprend tellement de trucs qu’il en saura bientôt plus que moi et ses émotions ne sont plus, comme il y a un an ou deux, une nébuleuse indéchiffrable. Aujourd’hui, les émotions, nous les connaissons, nous les nommons, nous les apprivoisâmes. Quand on voit pointer la colère, on pense au gros orage qui passe dans la tête et on souffle fort pour qu’elle s’évacue par la bouche. On écoute notre météo intérieure – pour voir si a un soleil ou des nuages dans la tête – on décrit nos sentiments au lieu de s’énerver, bref on a acquis un petit niveau en gestion bienveillante des émotions et désormais on parle le Filliozat.

Bouddha zen

Du coup je me suis enjaillée et j’ai dit à l’Enfant « Viens on Petit Bamboute ». Tu connais le Petit Bambou, rassure-moi Jeannine? Avec ou sans enfants, ce truc peut te sauver la vie. Moi qui ai eu une année plus compliquée (c’est du Filliozat pour dire « merdique ») que Donald Trump, au moindre coup de mou, j’ai recours à cette appli avec une frénésie qui peut s’apparenter à celle d’un junkie sur sa dose de crack.

C’est donc convaincue de la puissance de ce nouvel outil de l’esprit que j’ai proposé à l’Enfant que nous méditâmes désormais, les soirs où cela nous semble opportun. Le premier soir, tout s’est passé à merveille et je me suis auto-congratulée d’avoir converti le petit à la sagesse avec tant d’adresse. Je suis une mère exemplaire, ai-je prestement conclu. Quand je pense que j’aurais pu lui hurler dessus, et que nous avons médité… La parentalité est un formidable miroir de nous-mêmes.

L’Enfant était curieux de cette nouvelle découverte, à l’écoute, attentif, et hormis quelques réglages–lui apprendre à ne pas répondre à haute voix quand la dame demande si ça va, et rester concentré–nous avons abordé ce nouveau tournant de notre expérience mère/enfant avec tout le calme qui nous caractérise.

La fois suivante il réclamait une séance ! Quel enfant extraordinaire. J’ai donc cédé à son caprice, ah ah, et j’ai enclenché le yogi. L’enthousiasme de l’Enfant était tel qu’il insistait pour écouter la même séance que la première fois. J’avais beau lui expliquer (toujours avec la retenue qui sied à une relation bienveillante, s’entend) qu’il y a un programme et qu’il faut le suivre, le petit Loulou tenait à écouter la même séance. J’ai accueilli cette demande comme un signe d’intérêt, avec un clin d’œil mental à Filliozat, et nous avons réécouté la séance numéro un.

La fois suivante je l’ai prévenu avant même qu’il n’émette une quelconque demande, et avec une fermeté certaine : « On écoute la séance numéro deux ». Il n’a pas moufté, j’ai enclenché. La dame a dit « Bonjour, comment ça va aujourd’hui ? ». Il a dit « Ça va, mais y a Zoltan qui m’a volé mon 4 couleurs alors je suis allé voir le maître… ». J’ai crié « Mais ooooh !! Qui t’a demandé de répondre ?! Tu comprends qu’il faut se taire là ?? La méditation c’est du calme !!! » Je crois qu’il a saisi parce qu’il a baissé la tête, penaud, et je ne l’ai plus entendu jusqu’à la fin. Mais le lendemain, quatrième séance et rebelote: le mouflet répond à haute voix. Ça me crispe, si tu savais.

Cinquième séance, la dame pose une question du type « T’es-tu déjà senti explorateur ?  » ou « Est-ce que tu peux imaginer une rivière qui coule le long de ton dos ? « . Je le guette dans la pénombre, et je vois ses lèvres amorcer un mouvement. Il intercepte mon regard, il renonce.

A la sixième séance j’ai l’impression qu’on a bien progressé en terme de méthode de travail. Le petit a compris qu’il faut « répondre à la dame succinctement et dans sa tête ». Mais ce jour-là elle propose de « trouver sa position de méditation ». L’imprudente… Aussitôt il se met à tester TOUTES les positions qu’il connaît. Pour être bien sûr de sélectionner la meilleure, il les expérimente les unes après les autres, sur son lit : couché sur le dos, puis sur le ventre, sur le côté, assis, en tailleur, les jambes devant, derrière, croisées… Je patiente, j’encourage d’un sourire un peu crispé, je me retiens d’émettre la moindre remarque, j’inspire, j’expire. Au bout de cinq minutes, je me dis qu’il va finir sur la tête en hip hop.

L’histoire s’est achevée sans heurts: l’Enfant a trouvé sa position idéale (pour ce soir-là en tous cas, puisque le lendemain elle avait changé) mais je crois quand même que, pour ma santé mentale, je vais prendre quelques granules d’homéopathie avant chaque séance, et qu’on va essayer de s’entraîner avant, sur les aspects techniques. S’il foire, je lui confisque ses voitures. Ça va bien le laxisme.

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Confinée avec un nouveau-né

Salut Jeannine, ça confine ?

Moi aussi, à mort. Je confine même depuis un mois et demi déjà. Oui j’ai adopté la tendance un peu avant vous tous, à la naissance de Cacahouète. Ca fait un mois et demi que je ne suis pas sortie de chez moi ou quasi. Donc tu vois, le confinement je maîtrise.

En vérité je ne confine pas, je confis. Comme un gigot de dix heures. Je cuis dans mon jus depuis un mois et demi.

C’est pour ça, je ris doucement quand je lis, j’entends ou je vois les témoignages de gens geignant à l’idée de rester confinés 45 jours. Les gars, c’est pas la mort!! Franchement ça se fait, pour peu que les conditions de logement soient décentes, ça se fait tranquille. Surtout si vous ne venez pas d’accoucher.

Parce que, soyons justes : rester enfermé chez soi avec un nouveau né, il est là le challenge !!

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La vie est un carnaval

Coucou Jeannine, tu vas?

Bon, on en est aux troisièmes vacances scolaires de la petite section, et force est de constater que le temps ne m’a apporté ni la sagesse, ni l’apaisement, ni la distance nécessaires pour affronter ce curseur social que représente l’école, et notamment son emblème le plus éloquent : le cahier de vie. Il apparaît que je ne gère toujours pas la pression qui lui est afférente. Toi qui n’es peut-être pas maman, tu ignores ce qu’est le « cahier de vie »?

C’est la mort.

#jeudemotsenorme.

C’est synonyme de gouffre, d’abîme de détresse, de pression digne d’un huitième de finale de Ligue des Champions quand tu es le PSG (big up les gars).

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Echec de la rentrée 2/2

Résumé des épisodes précédents : au début c’était un rêve. Un début de vie idéal. Trois ans à pouponner, s’émerveiller de chaque instant partagé, remercier la vie pour ce qu’elle nous offre de bonheur. Et puis la bulle a éclaté et on s’est tous retrouvés dans la merde réalité, avec l’école maternelle dedans. Confrontés à d’autres humains, l’Enfant s’est métamorphosé : il a enlevé ses habits de petit chaton doré et il a revêtu ceux du chacal sauvage avec une rage de dents. En phase 1, il hurlait comme un animal que seuls les dessins animés peuvent réussir à rendre drôles. En phase 2, on l’a perdu.

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Echec de la rentrée – 1/2

Alors Jeannine, à Mois+1, cette rentrée du Haricot, qu’est-ce qu’on en pense? Du mal mon petit, du mal. Pour être honnête je me tâte sur la possibilité de le retirer de l’école. Je crois que cette institution de dégénérés n’est pas faite pour nous. Ni pour lui, ni pour ses parents. En un mois elle a transformé notre fils en asticot perpétuellement vénère, grossier et impertinent. Le bon côté serait qu’elle lui a appris des comptines. Qu’est-ce que tu penses? Petit con mal élevé mais qui connaît plein de comptines, vaut le coup ou pas ?

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Rentrée des classes

Ca y est, j’ai fait ma pré-rentrée des classes!!! Pas vraiment pré-rentrée, disons réunion pour préparer celle de septembre. Et pas vraiment la mienne, plutôt celle de Haricot.
Mais j’étais en transe, et je le suis encore à l’heure où j’écris ces lignes (sachant que c’était il y a quatre jours, je te laisse imaginer l’état de mon corps). Donc Haricot rentre en maternelle en septembre. Je te dirais bien que ça nous a fait un choc mais ce serait mentir, rapport au fait qu’on attend (tous) ce moment depuis deux cents ans environ. C’est simple, depuis qu’il sait parler, il demande quand il ira à l’école (je fonde d’immenses espoirs en cet enfant. Ca sent l’ENA à plein nez). L’école est en bas de la maison, je crois que l’enfant a déjà repéré son porte-manteau puisqu’on passe devant la fenêtre qui laisse voir les porte-manteaux quatre fois par semaine. Le matin il guette ses congénères qui entrent dans l’école en laissant couler un filet de bave tellement il aimerait en être et je le soupçonne de s’être déjà présenté aux maîtresses et aux ATSEM derrière mon dos. Bon, il est impatient. Dieu, faites que la réalité soit à la hauteur du fantasme (rare …).

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3 ans déjà

A la naissance de mon fils, j’avais commencé à noircir quelques pages d’un carnet pour me souvenir des jolis moments, puis quelques mois plus tard, des premiers mots émouvants. J’avais prévu de continuer comme ça toute son enfance, mais la vie étant ce qu’elle est, j’ai fait d’autres trucs (des listes de courses, des courriers à l’URSSAF, des tartes aux pommes, que sais-je). Bref ça m’ennuie de ne pas avoir noté ce qui a été cool cette dernière année donc je vais le faire là. Ca t’embête pas? Je vais te noyer de souvenirs larmoyants. Bon appétit.

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Lettre à celui que tu seras

Voilà mon bébé, le fameux jour est arrivé: on est en 2033, et tu as 18 ans.

Oui je t’appelle encore « mon bébé », chanceux que tu es.

Qui sommes-nous en 2033?

De mon côté, j’imagine que je suis encore renversante de beauté. Tout du moins, c’est ce que ton père, encore très séduisant lui aussi (et qui ne m’a pas quittée pour une petite jeune), me susurre à l’oreille très régulièrement.  Nous formons un couple épanoui et mûr, nous avons appris de nos erreurs et les dissensions de notre jeunesse nous font sourire à présent.

La vie est merveilleuse.

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Mon enfant parfait

La Martinique ça se mérite

Ca va Jeannine? Tu sais où je suis?

Je suis au pays du colibri.

Non, pas chez Pierre Rabhi.

En Martinique.

Au pays du Robert, du Gros Morne et de Petite Cocotte (ne me challenge pas, ces endroits existent).

En Mawtinik!

Je suis tellement dingue de leur accent, je pourrais vivre avec un martiniquais.

Au temps pour moi, c’est déjà le cas.

D’où le voyage d’ailleurs. Nous sommes venus présenter l’enfant.

C’est normal. La famille serait originaire du Havre, nous aurions pareillement fait le déplacement. Avec peut-être un tout petit moins d’empressement et un tout petit plus de k-way.

Et quid du vol qui nous a menés jusqu’à cette belle – mais bien lointaine – île?

Je t’épargne le suspense: c’était l’enfer.

L’apocalypse, le bout du chemin, la fin d’une époque (celle où j’adorais prendre l’avion).
Pour te dire, je crois que j’aurais préféré passer une soirée avec Valérie Pécresse.

 

Pourtant je m’étais préparée. J’avais lu moult blogs spécialisés sur comment voyager avec un enfant en bas âge, comme quoi qu’il faut prévoir de nouveaux jouets pour créer l’effet de surprise, les assoiffer pour pouvoir les faire boire au décollage et autres astuces imparables grâce auxquelles « le vol ne sera plus qu’une formalité »!

Bah ça ne marche pas, tu t’en doutes.

Déjà pour assoiffer son enfant, faut être la belle-mère de Cendrillon. Ensuite, les nouveaux jouets, ça marche 12 mn. Le vol dure 9 heures.

Je te fais un dessin ou tu visualises ?

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Mon enfant parfait

Maman travaille

L’autre jour au parc, une maman me raconte qu’aux dernières vacances d’été, sa fille a passé 3 semaines à réclamer qu’on lui tienne les bras pour marcher et qu’elle, la mère, a fini le dos en miettes et mega impatiente de reprendre le boulot.

Moi je souris parce que je suis polie, et que techniquement je comprends le concept de l' »impatience de reprendre le boulot », mais en vrai, je ne l’ai jamais ressentie, cette impatience.

Pourtant j’adore mon boulot. Je t’en parlerai plus tard, il est dingo.

Mais je n’ai jamais ressenti de soulagement à laisser mon fils. A qui que ce soit. Pas à la nounou, pas à ma mère, à personne.

Je le fais, attention, je ne suis pas une psychopathe, mais je ne le fais pas avec soulagement.

Parfois même, il m’arrive de laisser échapper quelques larmes quand je dois le laisser 24 heures (pas plus tard qu’avant-hier).

Tu peux te moquer Jeannine, mais c’est moche de se moquer, donc réfléchis bien.

Au début je pensais que c’était dû au fait que je n’étais pas habituée, et qu’il était tout petit. Et puis non. Je ne me suis toujours pas habituée.

Alors qu’il a 18 ans. Non je déconne, il a 15 mois.

Mais quand même, je sais que c’est un peu bizarre.

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